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Agri-Éthique : Label Français du Commerce alimentaire Équitable

Agri-Éthique est un nouveau modèle de commerce plus solidaire des agriculteurs français. La démarche est née en 2013 dans une période de trouble et d’instabilité agro-économique. A cette époque la société prend conscience que les exploitations de nos régions sont menacées. Les producteurs peinent à se rémunérer et à couvrir leurs charges de production. De fait, ce sont les « filières » agro-alimentaires qui sont menacées et avec elles des milliers d’emplois. Il faut donc imaginer un nouveau modèle économique, plus cohérent et plus juste, capable de recréer du lien entre toutes les parties prenantes. C’est la naissance d’Agri-Éthique.

La démarche s’est structurée et organisée pour garantir à travers son label, le revenu des agriculteurs, préserver l’emploi dans nos régions et soutenir les pratiques sociétales et environnementales éco-responsables.

Dans sa ferme, il traque les gaz à effet de serre

Depuis deux ans, l’exploitation bovine de Benoît Huntzinger, à Chemillé-en-Anjou, fait partie du programme européen Life Beef Carbon, Le but: réduire son empreinte carbone de 15 % en dix ans,

Portrait

Lorsqu’il fait visiter son exploitation, Benoît Huntzinger se plaît à raconter qu’avant ses 40 ans, Il menait une tout autre vie. Pendant deux décennies, ce solide gaillard a éte employé dans une banque mutualiste agricole de l’Ouest. « À la fin de ma carrière, J’étais en charge des grands comptes, explique-t-il. Ça allait des supermarchés aux groupes à plusieurs milliards de chiffres d’affaires. « 

Depuis un peu plus de deux ans, Il a troqué son costume de banquier pour une tenue bien plus confortable. En 2018, il est devenu le propriétalre, avec son épouse Marine, de la ferme des Blottieres, à Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire) « Elle est bio depuis trente ans, lance-t-il avec fierté. La reprendre, c’était à la fois une décision professionnelle et familiale. ~

486 tonnes de CO2 par an

Sur ses soixante quinze hectares, Benoît Huntzinger élève cinquante vaches allaitantes Limousines « et une cinquantaine de veaux par an  » Il s’est aussi pris de passion pour le mouton de Belle-Île » C’est une race qut avait presque disparu, indique-t-il On en dénombre 500 dans toute la France dont soixante-dix chez moi.  » 95 % de ses revenus proviennent de la vente en direct.

Le programme Life Beef Carbon, Il s’y est mis « dès le départ . Par conviction, d’abord, celle que » le bio » ne suffit plus et qu’il faut prendre conscience des conséquences sur la planète des gaz à effets de serre ». Life Beef Carbon est un projet collectif associant la France, l’Italie, l’Espagne et l’Irlande. Dans ces pays, 170 fermes innovantes ont accepté de devenir  » des laboratoires de recherche et de diminuer de 15 % leurs émissions de gaz à effet de serre », résume Christophe Grosbois, chargé de mission viande bovine à la chambre régionale d’agriculture des Pays de la Loire

Chacune de ses fermes s’est engagée a réaliser le bilan environnemental de son exploitation, grâce à CAP’2ER, un outil de diagnostic. En 2017 aux Blottières, on émettait 486 tonnes de CO2 par an. Pres de la moitié de ces gaz à effet de serre était déjà stockée naturellement dans les sols.  » Insuffisant « , pour Benoît Huntzinger qui a décidé de mettre en place des actions pour diminuer son empreinte carbone.

Des mares, des haies, du pâturage

Pour commencer, il a tapé dans ses effectifs et est passé » de cinquante­ cinq à cinquante vaches ». Depuis dix ans, l’agriculteur a également baissé de 30 % sa consommation de carburant sur la ferme, en adaptant son tracteur.  » On a surtout laissé les vaches faire ce qu’elles font de mieux: aller au pâturage, glisse-t-il dans un sourire. Vous savez, c’est André Pochon qui a dit un Jour qu’une vache, c’est une barre de coupe à l’avant et un épandeur à l’arrière. « 

L’exploitation dispose aussi de panneaux solaires,  » installés par mon prédécesseur,je n’y suis pour rien « , qui procurent deux fois plus que ce que Benoît Huntzinqer utilise. Le tout est revendu à EDF. L’agriculteur entretient également quinze kilomètres de haies » hautes et bien fourmes, et ses mares. » Ce sont des puits de carbone, assure-t-il J’en ai déjà deux et j’ai pour projet d’en creuser d’autres. C’est un pe farfelu quand on y pense, de creuser des mares dans ses champs. »

Dans un an, Benoît Huntzinger fera à nouveau le diagnostic environnemental de son exploitation. Il verra si toutes ses actions ont été efficaces et s’il a vraiment diminué son empreinte carbone 15 % en moins?  » C’est plus « , affirme-t-il.

Et il ne s’arrêtera pas là L’agriculteur, qui prône l’autonomie alimentaire, est persuadé qu’une agriculture vertueuse est une agriculture heureuse. «Aujourd’hui, j’ai des enfants qui veulent faire le même métier que leur papa, confie-t-il. Quand j’étais dans la banque, jamais ils ne m’avaient dit ça.»

Mieux manger pour changer le futur

Le monde en face, présenté par Marina Carrère d’Encausse, propose le documentaire inédit « Recettes pour un monde meilleur – Mieux manger pour changer le futur » réalisé par Benoît Bringer.

Notre système alimentaire est le principal responsable des menaces qui pèsent sur la planète. Réchauffement climatique, perte de biodiversité, épuisement des nappes phréatiques, accaparement des terres, malnutrition, multiplication des maladies chroniques… Si rien ne change dans les dix prochaines années, le fragile équilibre qui permet la vie sur terre risque de se briser.

Notre assiette est donc le levier le plus puissant pour sauver la planète mais aussi pour améliorer notre santé. Et sur ce levier, nous pouvons tous agir.

Ce film raconte l’histoire de femmes et d’hommes qui, aux quatre coins du monde, inventent un autre modèle alimentaire bénéfique pour la planète, la nature et notre santé. De la création de fermes municipales pour des cantines 100% bio en circuit court, aux méthodes de cuisine anti-gaspillage. De la transformation de nos déchets alimentaires en compost, à une réduction de notre consommation de viande. De la mise à disposition de jardins partagés pour les plus défavorisés, aux politiques de soutiens des petits producteurs indépendants. Les solutions sont là, à portée de main.

Avec ce documentaire, Benoît Bringer, journaliste d’investigation et ancien rédacteur en chef de Cash Investigation et Prix Pulitzer avec l’équipe des Panama Papers, poursuit son travail de journalisme de solution.

Après le succès de son documentaire multiprimé « Faut-il arrêter de manger les animaux ? » (diffusé sur France 5) sur les alternatives à l’élevage industriel, il réalise un nouveau film porteur d’espoir. Sans occulter les constats alarmants, ni les questions qui dérangent, il montre comment chacun d’entre nous peut être acteur du changement et révèle les recettes pour une transition alimentaire économiquement viable.